Communiqué de presse - Cahier de l’IBSA n°9 - 02/02/2023

Quelle est l’influence de l’environnement urbain sur l’équipement automobile en Région bruxelloise ?

Les nuisances associées à la voiture font aujourd’hui l’objet d’un large consensus : pollution atmosphérique et sonore, congestion des voiries, insécurité routière ou encore occupation de l’espace public. Diverses politiques publiques sont mises en place pour en limiter l’impact sur le territoire bruxellois. En même temps, l’accès à l’automobile demeure indispensable pour bénéficier pleinement de toutes les ressources des territoires et facilite les déplacements des ménages. Dans ce contexte, le Cahier de l’IBSA n°9 évalue les déterminants qui conditionnent la possession de véhicules dans les quartiers. L’environnement urbain constitue un enjeu majeur :

  • les pouvoirs publics peuvent l’aménager pour limiter l’équipement (et l’usage) automobile ;
  • les ménages qui n’ont pas accès à la voiture peuvent l’utiliser pour leurs déplacements quotidiens.

Des effets de l’environnement urbain et de la composition socio-spatiale globalement conformes à la théorie

L’offre de commerces de proximité influence-t-elle la possession d’une voiture ? Une bonne accessibilité en transport public permet-elle de se passer de voiture ?

Les influences des caractéristiques de l’environnement urbain sur l’équipement automobile des ménages sont multiples :

  • L’accessibilité au territoire local (accès aux commerces de base, densité de ménages) et au territoire régional en transport public influence le niveau d’équipement automobile local. Une bonne accessibilité au territoire tend à limiter la part de ménages qui disposent d’une ou plusieurs voitures.
  • La disponibilité du stationnement en voirie joue un rôle sur l’équipement automobile. La présence de grandes disponibilités de stationnement en voirie contribue à augmenter localement la part des ménages motorisés.
  • Le nombre d’accès carrossables par ménage (capacités de stationnement hors voirie importantes, espaces dominés par l’habitat en logement unifamilial) produit un effet à la hausse notable sur la part des ménages avec 2 voitures ou plus.

En matière de déplacement domicile-travail, la distance domicile-travail moyenne explique très mal l’équipement automobile au lieu du domicile. C’est l’accessibilité en transport public moyenne des lieux de travail qui détermine l’équipement automobile des ménages.

En ce qui concerne les voitures de société, celles-ci ne remplacent pas systématiquement les véhicules (qui auraient été) achetés par les ménages et tendent donc à gonfler le parc automobile.

La composition socio-économique et socio-démographique des ménages est très déterminante des niveaux d’équipement automobile. Le niveau de revenus apparaît comme le facteur le plus déterminant. Il augmente le niveau d’équipement automobile local. De même, la taille des ménages, la part de couples avec enfant(s) et la part des personnes âgées de 65 ans et plus augmentent l’équipement automobile local. Cette dernière relation semble traduire un effet générationnel associé aux personnes nées avant 1955.
 

Les facteurs qui influencent l'équipement automobile ne sont pas répartis de manière homogène en RBC

En Région de Bruxelles-Capitale, le niveau d’équipement automobile augmente depuis le centre-ville, où il est le plus faible, vers les limites de la Région, où il est le plus élevé. Cependant, à l’exception de l’accessibilité au territoire sans voiture, les facteurs qui expliquent ces niveaux de motorisation se répartissent de manière asymétrique sur le territoire bruxellois :

  • L’équipement automobile des ménages dans le Pentagone et la Première couronne est globalement faible. A l’ouest, malgré des ménages de grande taille, le niveau de motorisation est faible en raison de revenus modestes. A l’est, la présence de nombreuses personnes isolées, souvent de jeunes adultes, explique les niveaux de motorisation les plus faibles de la Région.
  • Les quartiers de Deuxième couronne à l’ouest et les quartiers de Deuxième couronne intermédiaire à l’est présentent des profils de motorisation très proches, autour de la moyenne bruxelloise. À l’ouest, les ménages sont de taille importante, plus souvent avec des enfants alors que les revenus se situent dans la moyenne. À l’est, les revenus sont au contraire très élevés, alors que la taille des ménages et la part de couples avec enfant(s) sont nettement inférieures à la moyenne.
  • Enfin, dans les quartiers de Deuxième couronne à l’est, les niveaux de motorisation les plus élevés de la Région s’expliquent par le cumul de tous les facteurs favorables : la densité et l’accessibilité « régionale » en transport public sont faibles, les revenus sont parmi les plus élevés en Région bruxelloise et la part des couples avec enfant(s) est importante.
     

L’accessibilité au territoire est une ressource pour les ménages modestes, mais son attractivité est limitée pour les ménages avec enfant(s)

Pour les ménages qui disposent de revenus modestes, le coût d’accès à la mobilité automobile est plus contraignant. Dans les quartiers où les ménages peu aisés sont surreprésentés, l’accessibilité au territoire sans voiture a de ce fait plus d’importance. Celle-ci représente ainsi une ressource qui permet aux ménages modestes de se passer de voiture.

L’environnement urbain permet plus difficilement de se passer de voiture dans les quartiers avec beaucoup de ménages de grande taille. D’une part, la mobilité automobile offre une flexibilité souvent perçue comme nécessaire pour l’accompagnement des enfants. D’autre part, ce résultat reflète la difficulté à se déplacer avec des enfants sans voiture. Ceci invite à penser davantage l’offre de transport alternative à la voiture en matière d’accompagnement d’enfant(s), qu’il s’agisse des cheminements piétons et cyclistes ou des déplacements en transport public.
 

En savoir plus ?

Lisez le Cahier de l'IBSA n°9 - Quelle est l’influence de l’environnement urbain sur l’équipement automobile en Région bruxelloise ?

Les Cahiers de l'IBSA proposent des analyses thématiques concernant la Région bruxelloise, basées sur des méthodes quantitatives. Ils conjuguent une présentation pédagogique des problématiques avec des descriptions détaillées des méthodes utilisées et des résultats obtenus.

Retrouvez également d’autres chiffres liés au thème mobilité et Transport sur le site de l’IBSA.


Contact :

Thomas ERMANS
Institut Bruxellois de Statistique et d’Analyse
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