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Août 2016 - Les revenus des ménages bruxellois en 2016

À la Une - Août 2016 - Composition du revenu disponible par habitant en 2016 (euros)

Selon les projections fournies par le modèle HERMREG1, le revenu disponible de l’ensemble des ménages bruxellois devrait s’élever à 21,2 milliards d’euros en 2016. Ramené à la population de la Région, ce revenu disponible2 représente 17 760 euros par habitant. Pour la Belgique, il atteindrait 19 507 euros par personne. De quoi se compose ce revenu disponible ? Et comment s’explique l’écart entre les revenus bruxellois et belge ?

Composition du revenu disponible par habitant en 2016 (euros)

Des revenus issus de l’activité économique plus faibles à Bruxelles qu'en Belgique

En 2016, les revenus issus directement de l’activité économique devraient représenter 21 881 euros par habitant en Région de Bruxelles-Capitale. Ce montant (qui correspond au solde des revenus primaires) comprend différents types de revenus, comme ceux gagnés par les indépendants ou ceux générés par les biens mobiliers (intérêts, dividendes…), mais ce sont surtout les rémunérations perçues par les travailleurs salariés qui en constituent la principale composante. Ainsi, les Bruxellois ayant un emploi salarié devraient bénéficier, en 2016, de salaires et traitements bruts pour un montant total de 15 milliards d’euros, soit environ 12 600 euros par habitant.

Au niveau de la Belgique, ces revenus de l’activité économique atteindraient 24 329 euros par habitant en 2016, soit environ 2 400 euros de plus qu’en Région bruxelloise. Cet écart, mesuré avant de prendre en compte les mécanismes de redistribution, s’explique notamment par le taux d’emploi à Bruxelles, plus faible que pour l’ensemble du pays (respectivement 56,6 % et 64,4 % en 2016). Globalement pour la Région, cela implique que moins de revenus sont générés par le travail des résidents bruxellois ayant un emploi. Cette situation s’explique, entre autres, par les caractéristiques démographiques propres à Bruxelles. L’évolution et la composition de la population d’une région constituent en effet des déterminants importants du revenu des ménages qui y résident. Sur ce point, Bruxelles se distingue nettement de la Flandre et de la Wallonie, avec une population en forte croissance depuis le début des années 2000 et une proportion élevée de jeunes. Dès lors, la croissance du nombre de Bruxellois qui travaillent (pourtant toujours nettement plus élevée que dans le reste du pays) n’est pas suffisante pour absorber la croissance encore plus rapide de la population d’âge actif à Bruxelles (15-64 ans). Ces éléments pénalisent la progression des revenus primaires bruxellois par habitant, en particulier ceux du travail.

 

Réduction de l’écart grâce aux mécanismes de redistribution

À côté des revenus générés par l’activité économique (revenus primaires), la formation du revenu disponible des ménages dépend aussi des transferts entre les particuliers et les autres agents économiques, notamment les pouvoirs publics. Deux grandes catégories de transferts existent.

D’un côté, les ménages bénéficient de diverses prestations sociales : pensions, allocations de chômage, allocations familiales, indemnités de maladie-invalidité, revenus d’intégration… À Bruxelles, la somme totale de ces prestations devrait s’élever à 7,5 milliards d’euros en 2016, soit environ 6 300 euros par habitant. La part de l’ensemble des prestations sociales dans le revenu disponible bruxellois est ainsi de 35,4 %, un chiffre inférieur à la valeur nationale (38,3 %). Cette différence s’explique surtout par le poids plus faible des pensions à Bruxelles, résultant de la moins grande proportion de personnes en âge d'être pensionnées au sein de la population. Cette différence liée aux pensions est partiellement compensée par le poids plus important des allocations de chômage dans le revenu disponible des Bruxellois.

De l’autre côté, le revenu disponible des ménages est diminué des différents prélèvements sur les revenus, dont l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Celui-ci s’élèverait à 4,3 milliards d’euros en 2016, soit un peu plus de 3 600 euros par habitant (contre 4 500 au niveau belge). Dans l’ensemble, les prélèvements pèsent moins sur le revenu disponible bruxellois qu’à l’échelle nationale (parts respectives de 57,1 % et 60,5 %).

En définitive, l’écart de revenus par habitant entre la Région bruxelloise et la Belgique attendu en 2016 passe d’environ 2 400 euros avant redistribution (c’est-à-dire au niveau des revenus primaires) à un peu plus de 1 700 euros après prise en compte des mécanismes de redistribution (c’est-à-dire au niveau du revenu disponible).

 

 En savoir plus sur les revenus des ménages bruxellois ?

Consultez le rapport des dernières Perspectives économiques régionales 2016-2021 sur le site de l’IBSA ainsi que l’annexe statistique pour davantage de données.
Le Focus de l’IBSA n°14 sur la statistique fiscale est également disponible pour en savoir plus sur les revenus des Bruxellois.

 


1. BFP, IBSA, IWEPS, SVR, juillet 2016, Perspectives économiques régionales 2016-2021. Ces projections intègrent les données des derniers Comptes régionaux publiés par l’ICN en février 2016.

 2. Le revenu disponible d'un ménage comprend les revenus d'activité (diminués du montant des cotisations sociales), les revenus du patrimoine, les transferts en provenance d'autres ménages et les prestations sociales (y compris les pensions et les indemnités de chômage), moins les impôts directs. Il correspond donc globalement à ce dont les ménages disposent réellement pour effectuer des dépenses, constituer une épargne ou investir.